Créer votre temple pour valider une idée de webnovel (1/2)
(et éviter de l'abandonner après 5 chapitres)
Avant toute chose, veuillez garder à l'esprit que cet article n'a pas été écrit par des professionnels mais n'est rien de plus que le fruit d'une réflexion de groupe. Sur ce, bonne lecture !
Rien n’est plus cruel que de se sentir incapable de donner vie à l’histoire qui nous trotte dans la tête. Pour beaucoup, cette mauvaise expérience suffit à les convaincre d’abandonner. Pourtant, il existe bien un moyen de surmonter cette épreuve.
L’expérience montre que l’impossibilité d’écrire est souvent la conséquence d’un manque de clarté. Derrière ce problème, on retrouve des phénomènes que nous connaissons tous comme par exemple :
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Le syndrome de la page blanche : l’incapacité à poser les mots sur le papier.
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Le syndrome de l’objet brillant : la tendance à se laisser séduire par une idée qui semble meilleure mais qui entraîne les mêmes problèmes.
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Le mal‑être que l’on ressent face à l’écriture… les pensées négatives, et le besoin de les faire taire rapidement.
Ce qu’il faut retenir surtout, c’est qu’une idée floue ou mal définie est l’ennemi public n°1, responsable de la majorité des projets d’écriture abandonnés prématurément. Et peu importe pourquoi, la douleur de ne pas être à la hauteur de ses attentes est bien réelle. Alors, comment éviter de se faire du mal ? La réponse est simple : valider et clarifier son idée avant même d’écrire le premier chapitre.
Le but de cet article est de vous montrer une méthode pour devenir celui ou celle qui va jusqu’au bout de ses ambitions, que ce soit pour une nouvelle de 25 000 mots ou un web novel au nombre indéterminé de chapitres. Pour cela, nous allons utiliser l’allégorie du temple. Mais avant même de poser la première pierre, il faut s’assurer que vous avez un terrain solide sur lequel bâtir.
Le terrain : explorations préliminaires
Avant même de parler de temple, la toute première étape consiste à séparer le bon grain de l’ivraie. Il faut trouver une idée solide. Pas besoin qu’elle soit parfaite, ni même révolutionnaire. Il faut juste qu’elle vous touche, qu’elle résonne en vous.
Sauf qu’au départ, nous sommes souvent hantés par des pensées impossibles à exploiter. Dans ce cas de figure, une solution serait de s’imposer un processus. En voici un en trois étapes :
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Identifier ce qui vous plaît vraiment Commencez par une question simple : qu’est‑ce qui me touche personnellement ? Les mondes fantasy ? La romance ? Les films d’action ? Trouvez des histoires qui vous ont déjà fait dire : « Oh, c’est incroyable ! J’adore ! » Écrire sur ce qui vous touche est le meilleur moyen de toucher vos lecteurs. C’est votre premier filtre, votre premier ancrage.
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Laisser votre imagination vagabonder Ne vous arrêtez pas à la première bonne idée. Laissez votre esprit explorer, dériver, combiner, exagérer. Après tout, derrière une bonne idée peut se trouver une idée encore meilleure. Notez tout. Gardez ce qui vous excite. Continuez à creuser sans pour autant vous rendre malade. Votre imagination est un puits sans fond : puisez dedans sans retenue. Mais dans l’éventualité où, malgré tous vos efforts, rien ne semble satisfaisant, n’hésitez pas à vous accorder un temps de pause avant de réitérer l’exercice.
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Trier vos idées avant de construire votre temple C’est ici que votre réflexion va permettre d’évaluer votre projet. Avant de bâtir, il faut choisir un terrain propice. Autrement dit, pour chaque idée, posez‑vous trois questions essentielles :
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Suis‑je prêt à investir dans cette histoire au quotidien ? Écrire est long, parfois ingrat, et demande une volonté inébranlable. Si l’idée ne vous porte pas, elle vous laissera tomber. (On reviendra plus en détail sur ce point par la suite.)
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Quelles possibilités offre mon histoire ? Le protagoniste, son but, l’univers, les émotions, le message… Cette première piste d’exploration prépare directement le moteur thématique et les piliers à venir.
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Quel est le public visé ? Cette question a pour but de savoir si, à travers votre histoire, vous acceptez d’écrire pour un public large ou niche et si votre idée vous le permet.
Et surtout, n’oubliez jamais : l’histoire doit sortir de vos tripes, pas besoin de simplement recopier les choses qui marchent !
Avec ce processus simple, vous n’avez plus qu’une vague pensée : vous avez une idée brute mais solide, prête à être testée, éprouvée, exploitée. Vous pouvez maintenant passer au niveau suivant !
La fondation : l’obsession
Cette nouvelle partie se repose un peu sur la spiritualité (qui reste ancrée dans la réalité, soyez rassuré). Chacun de nous dispose d’une capacité qui s’apparenterait à de la magie : transformer une volonté invisible dans sa tête en une réalité concrète. Nous le faisons en permanence sans nous en rendre compte. Par exemple, imaginez que vous êtes en pause déjeuner : vous avez envie d’un tacos trois viandes. Vous allez dans un kebab, vous commandez, vous payez, vous patientez, et vous recevez le tacos. Vous avez fait de votre désir une réalité concrète.
Cette capacité, c’est la clé de votre futur succès. Retenez ce concept : vous avez une volonté, vous payez le prix pour l’assouvir, et une fois le prix payé, vous récoltez le fruit attendu.
Dans le cas de l’écriture, le prix à payer n’est pas le même pour tous. Chacun part avec des bases différentes. Certains écrivent des heures sans fatigue, d’autres galèrent à aligner trois phrases. Si vous êtes dans ce second cas, soyez prêt à payer plus cher : plus d’efforts et de sacrifices pour un résultat qui paraîtra modeste aux yeux des plus talentueux. Cela ne fait pas de vous un être inférieur. Cela signifie simplement que vous devez accepter l’inconfort avant d’atteindre le niveau qui vous permettra de produire votre histoire du début à la fin.
Mais quel que soit votre point de départ, le carburant qui permet d’aller au bout d’un projet, c’est l’obsession. Littéralement.
Pour valider — ou rejeter sans culpabilité — une idée qui occupe trop d’espace dans votre esprit, demandez‑vous : « Suis‑je mentalement prêt à faire de cette future histoire mon obsession principale jusqu’au bout, quel que soit le temps que cela prendra ? » Soyez honnête, car la réponse implique des changements majeurs dans votre vie. Ne prenez pas cet exercice à la légère. Vous pourriez devenir fou, sans aucune exagération. C’est la face cachée de l’obsession : elle permet de grandes choses, mais aussi de vous ruiner si on s’y prend mal.
Considérez cet engagement comme celui d’un aventurier qui se jette à corps perdu dans l’inconnu sans possibilité de retour. Il y aura des hauts et des bas, des moments de joie, de surprise, de frustration, de doute, de rire, et parfois même des instants terrifiants. Vous serez extatique par moments, mais rien n’empêche que vous soyez déçu à la fin, voire que vous le regrettiez. Personne ne peut le savoir à l’avance. D’où l’importance de bien définir les fondations de son histoire avant de commencer à l’écrire concrètement.
Si vous êtes sincèrement déterminé à consacrer un peu de temps chaque jour de votre vie pour transformer cette idée spécifique en une histoire complète, indépendamment de l’état dans lequel ce désir vous laissera, alors foncez ! Sinon, épargnez‑vous une souffrance inutile. Il n’y a aucune honte à faire preuve de lucidité, bien au contraire. Même les investisseurs les plus téméraires savent faire preuve de prudence pour éviter des pertes colossales.
Envie d’aller en profondeur ?
Dans la deuxième partie de cet article, on verra comment transformer cette idée désormais clarifiée en un véritable projet structuré grâce aux quatre piliers du temple : le moteur thématique, la boucle de problème infinie, les règles du jeu et les arcs narratifs fondateurs.
Ces éléments vous permettront de tester la solidité de votre histoire, d’évaluer son potentiel sur le long terme et de vérifier que vous disposez de suffisamment de matière pour écrire sans vous perdre. Nous verrons également comment couronner l’ensemble avec une logline claire, votre ultime validation avant de vous lancer.
À très bientôt pour un prochain article !